La naissance d’un dessin animé…

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Créer un dessin animé est souvent un véritable défi. Entre le conte original et la volonté de modernisation, les dessinateurs mettent souvent des années pour ne pas dire des décennies à mettre au point un dessin animé digne de sortir sur grand écran. Nous avons tous (ou presque) vu « La Petite Sirène », « La Belle et la Bête », « Cendrillon », « Blanche-Neige », etc… Mais ne vous êtes-vous jamais demandé quelles furent les inspirations et les motivations qui ont mené au résultat final que vous avez sous les yeux…

Blanche-Neige (1937)

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Si vous regardez bien, vous verrez que la plupart des princesses correspondent aux canons de beauté de l’époque de sortie du film. Pourquoi ? Outre le fait de créer des personnages « vraies », il faut savoir que les dessinateurs se sont inspirés de modèles bien vivants. Blanche-Neige fut le premier long-métrage réalisé par Disney. Sorti en 1937, il a été un véritable succès. Une réussite que l’on doit en grande partie à notre princesse à la peau diaphane et aux lèvres rouges sang. L’inspiration : l’actrice américaine Janet Gaynord dans ses jeunes années.

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La danseuse Marge Champion (âgée aujourd’hui de plus 92 ans) à quant a elle servi de modèle pour la fameuse scène de danse. Des mouvements repris à l’identique dans « Robin des bois ». Pourquoi creuser à coté quand on a trouvé le bon filon… Pour ce qui est du prince, son visage poupon et sa coiffure impeccable sont inspirés de l’acteur Douglas Fairbanks. Autant pour Blanche-Neige la ressemblance avec son modèle est flagrante, autant pour le prince je reste dubitative… Il faut dire que de tous les princes Disney, celui là est surement le moins présent. Pour preuve, son visage tout en rondeur donne une idée de brouillon et de flou.

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Cendrillon (1950)

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Cendrillon, tout comme Blanche-Neige, est un exemple parfait de mise en avant de canons de beauté de l’époque. Le film est sorti en 1950, soit juste après la seconde guerre mondiale. Et aux États-Unis quel était le type de femme que tout le monde voyait comme étant parfaite : la pip up! Il est donc tout à fait naturel de retrouver en notre chère Cendrillon des traits communs avec celles qui ornaient les casiers des jeunes hommes et les blindages des avions de guerre.

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La frange boule, le brushing, la peau laiteuse. Aucun doute, Cendrillon c’est la pip up de Disney !

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Mise en scène d’une actrice pour mettre au point les différents mouvements par dessins

Dessins préparatoires de Cendrillon.

Dessins préparatoires de Cendrillon.

Dessins préparatoires de la méchante belle mère.

Dessins préparatoires de la méchante belle mère.

La Belle au bois dormant (1959)

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Les princes et princesses n’ont pas le monopole des dessinateurs. En effet, les sorcières ont elles aussi droit à des modèles, et non des moindres. Joan Crawford, une grande actrice américaine qui a entre autre décroché un Oscar pour « Le roman de Mildred Pierce », a été l’inspiratrice (physiquement parlant) du personnage de Maléfique, la terrible sorcière au teint verdâtre de « La Belle au bois dormant ».

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On peut voir ici l’acteur Ed Kemmer en pleine simulation de combat et autres péripéties à cheval (de bois). Dès scènes qui étaient filmées afin d’aider les dessinateurs à réaliser au mieux l’action.

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Helene Stanley a quant à elle servi de modèle à la fois pour Aurore et Cendrillon.

Dessin préparatoire des trois fées.

Dessin préparatoire des trois fées.

Dessins préparatoires d'Aurore.

Dessins préparatoires d’Aurore.

La petite sirène (1989)

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Au départ, Ariel, comme de nombreuses autres princesses Disney, devait être blonde (comme on peut le voir ci-dessous sur un dessin préparatoire). Seulement voila, une chevelure blonde dans un contexte aquatique ne rend pas très bien. En effet, les dessinateurs se sont rendus compte que les jeux de lumières et autres effets visuels liés à la vie sous la mer donnaient aux cheveux de la sirène une teinte verte peu esthétique. Par la suite, Ariel est donc devenue rousse, ou plutôt rouge, et ses cheveux ont fait rêver plus d’une petite fille depuis. Aujourd’hui encore, selon moi, Ariel est la plus jolie princesse Disney et sa couleur de cheveux y est pour beaucoup !

Dessins préparatoires d'Ariel.

Dessins préparatoires d’Ariel.

Dessins préparatoires d'Eric.

Dessins préparatoires d’Eric.

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Dessins préparatoires d’Ursula.

Saviez-vous que le drag queen Divine a inspiré les traits de la démoniaque Ursula, quant à Ariel, c’est la jolie Alyssa Milano, à l’époque âgée de moins de 20 ans, qui a été l’inspiration des dessinateurs Disney pour créer Ariel. C’est quand même la class d’avoir prêté ses traits à une princesse Disney !

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La Belle et la Bête (1991)

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Pour ce qui est de « La Belle et La Bête » on peut voir que le plus compliqué à été de mettre au point la Bête. Il faut dire que sa description dans l’œuvre originale est loin d’être séduisante. On parle d’un monstre avec des écailles et une trompe, on est donc loin de la bête sauvage à tête de lion que Disney a mis au point. Un choix à la fois compréhensible mais dérangeant pour les puristes dans mon genre. En effet, la bête est ainsi à cause d’une malédiction. Fini la beauté, dorénavant ses traits seront ceux d’un monstre qui se cachera dans son châteaux à l’abri des regards. Par conséquent, lorsque Disney lui donne les traits du roi de la jungle, certes sauvage, mais tellement majestueux, je me dis qu’on est loin de la bestiole hideuse des débuts…

Ce dessin me fait étrangement penser à un film noir de vampire genre "Nosferatu".

Ce dessin me fait étrangement penser à un film noir de vampire genre « Nosferatu ».

Dessins préparatoires de la Bête et Gaston

Dessins préparatoires de la Bête et Gaston

 Passage du dessin à l’animation

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Je pense que le choix d’avoir donné à la Bête des traits à la fois sauvages et doux (un peu comme une énorme peluche) avait pour but de ne pas créer une trop grande gêne auprès des spectateurs, surtout les plus jeunes. En effet, la Bête (Adam pour les intimes) peut faire peur mais pas dans le sens « repoussant ». Au contraire, comme je le disais plus haut, elle a cet aspect majestueux des plus évidents. Finalement on l’évite seulement parce que ses crocs sont acérés, qu’elle mesure bien deux mètres et que sa voix est bestiale. Mais à aucun moment on ne peut clairement dire : mon dieu c’est un monstre répugnant.

En conclusion, vous remarquerez que la création d’un dessin animé est un processus long et délicat. Outre le scénario, il y a toute la partie visuelle qui est déterminée selon des tas de critères. Je vous invite d’ailleurs à regarder le reportage « Il était une fois Walt Disney’ sur ses inspirations artistiques lors des premiers films. On découvre un homme passionné d’art et avec la volonté farouche de l’amener jusque dans ses dessins animés quitte à mêler différents courants (un parti pris qui semble avoir disparu en même temps que son créateur). Comme quoi, chez Disney, un dessin animé n’est jamais qu’un dessin animé. Ouvrez les yeux et admirez !

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