La Femme du Boulanger – Marcel Pagnol

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Présentation : La femme du boulanger s’est enfuie avec un berger. Le boulanger se saoule et ne fait plus de pain. Tous les habitants du village – y compris les ennemis légendaires, l’instituteur et le curé – s’unissent pour retrouver la femme du boulanger. Le marquis prend la direction des opérations…


Mon avis : 3.5/5

Nombre de pages : 189
Éditeur : Editions de Fallois
Langue : Français
Prix : 6 €

« La Femme du Boulanger » n’a jamais été mon film préféré de Marcel Pagnol mais c’était surtout dû à l’actrice Ginette Leclerc, censée jouer une femme de toute beauté et que j’ai toujours trouvé mauvaise actrice (un exploit vu le peu de texte qu’elle a) et pas du tout jolie. Heureusement Raimu était là pour occuper l’écran et l’intrigue !

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Le boulanger (Raimu) et sa femme (Ginette Leclerc) dans le film de 1938

En lisant ce livre j’ai essayé d’occulter mes aprioris envers ce personnage féminin, j’ai tenté de redécouvrir l’histoire. Bien qu’ayant été touchée par le Boulanger en plein désarroi face à un lit vide, je n’ai pas pu m’empêcher d’être agacée par une certaine misogynie.

Cette histoire est évidemment à remettre dans son contexte. Ecrite dans les années 1930, il était à l’époque hors de question de quitter son mari et encore plus sur un coup de tête. Alors que « La Trilogie marseillaise » ne manquait pas d’une certaine modernité avec son intrigue amoureuse hors mariage nullement traitée de façon négative. Ici on évoque cette relation adultérine d’une façon diabolique. Il faut dire que le berger n’arrive pas à la cheville de Marius. A vrai dire on ne donne pas vraiment la parole aux deux amants. On préfère se fixer sur le malheur d’un mari laissé à l’abandon. Je ne sous-estime pas sa tristesse, bien au contraire, j’ai été énormément touchée par cet amour aveugle envers une femme qui pourrait être sa fille. Mais j’aurais aimé qu’on donne aussi la parole à la femme. On ne la connait pas vraiment mais on devine que ce départ impromptu couvait depuis longtemps et que si ça n’avait pas été le berger ça aurait été quelqu’un d’autre. Seulement la société et ses codes font qu’elle se doit de rentrer chez elle. La raison semble plus importante que le coeur.

Bien sûr on pourrait aussi voir cette histoire comme une critique d’une société coincée qui ne permet pas à la femme de s’épanouir complètement. Ses actions passent pour être égoïstes car elle laisse un mari au désespoir alors qu’il était fou d’elle. Seulement à aucun moment on ne lui demande si elle aime son mari ? Il semblerait que l’amour à double sens soit un détail du moment que le mari est gentil et tendre avec sa femme. Pourquoi donc se plaindre et vouloir aller ailleurs lorsque votre mari vous apporte confort et gentillesse ?

Pour finir, même l’image de l’amitié qui fait souvent la force des histoires de Marcel Pagnol est assez décevante ici. Alors oui, autour d’un même but des ennemis redeviennent amis mais au final ce « grand élan de générosité » afin de retrouver la femme du boulanger c’est surtout la faim qui en est le déclencheur. Les habitants ont gouté au bon pain et ne sont pas prêts d’y renoncer pour une histoire de femme volage !

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