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Polina – Bastien Vivès

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Présentation :  » Il faut être souple si vous voulez espérer un jour devenir danseuse. Si vous n’êtes pas souple à 6 ans, vous le serez encore moins à 16 ans. La souplesse et la grâce ne s’apprennent pas. C’est un don. Suivante… « 


Mon avis : 4/5

Nombre de pages : 210
Éditeur : Casterman
Langue : Français
Prix : 20€

Je ne fais pas de danse mais j’adore ça (la danse, pas le fait de ne pas en faire). Et pour moi la danse classique c’est le top de la discipline. Les danseurs, tels des surhommes font paraitre facile ce qui leur demande en réalité force et souplesse ainsi qu’une hygiène de vie militaire. A chaque fois que je vais voir un ballet j’en ressors avec un respect immense pour eux.

Polina est une sorte de bande dessinée documentaire qui suit le parcours d’une jeune fille dans le monde sans pitié de la danse. À 6 ans on lui dit qu’elle n’est pas assez souple mais une chose de sûre, elle ne manque pas de courage et consacrera tout son temps à cette discipline de l’extrême.

Un lien très fort mais pudique va se créer entre elle et son professeur Monsieur Bojinski. Une relation presque paternelle. Discrète mais touchante.

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Le personnage de Polina est parfois doux, dur, fort, faible… Humain quoi ! J’ai aussi adoré le graphisme. Ce style encre de chine va très bien avec l’univers de la danse. Ce n’est pas évident de représenter des mouvements en BD et encore plus dansé, mais là le pari est largement relevé.

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En conclusion, « Polina » est une bande dessinée que je vous recommande, que vous soyez fan de danse classique ou pas. Et si ça vous a plu, vous pouvez poursuivre avec le film « Polina, danser sa vie » que je n’ai pas encore vu mais ça ne saurait tarder.

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L’Adversaire – Emmanuel Carrère

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Présentation : Le 9 janvier 1993, Jean-Claude Romand a tué sa femme, ses enfants, ses parents, puis tenté, mais en vain, de se tuer lui-même. L’enquête a révélé qu’il n’était pas médecin comme il le prétendait et, chose plus difficile encore à croire, qu’il n’était rien d’autre. Il mentait depuis 18 ans, et ce mensonge ne recouvrait rien. Près d’être découvert, il a préféré supprimer ceux dont il ne pouvait supporter le regard. Il a été condamné à la réclusion perpétuelle à perpétuité.


Mon avis : 3.5/5

Nombre de pages : 224
Éditeur : Editions Folio
Langue : Français
Prix : 6.60€

Ma passion pour les faits divers m’a conduit à lire ce roman. Ici Emmanuel Carrère décortique la personnalité de Jean-Claude Romand, ce père de famille en apparence parfait qui a menti à tout le monde et a vu comme seule solution tuer ses proches. 

Fils prodigue d’une famille de taiseux, c’est à partir de la fac qu’il a commencé à mentir sur son parcours scolaire. Affirmant avoir eu ses examens alors qu’il ne s’y était même pas rendu, il n’a eu de cesse par la suite de « faire semblant ». Faux médecin et chercheur à succès pour la prestigieuse Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Ses proches n’ont jamais remis en question son statut. Jean-Claude Romand était clairement un faussaire hors pair !

Emmanuel Carrère a entretenu une correspondance avec Jean-Claude Romand lors de son procès pour meurtres afin de mieux comprendre cette personnalité complexe. Une entreprise difficile tant les actes commis sont incompréhensibles. Comment peut-on préférer tuer les siens qu’avouer ses fautes, voir disparaitre (suicide ou fuite). Car au final on ne lui reproche pas tant d’avoir menti, je crois que sur ce point on peut arriver à comprendre. Par contre, ruiner ses proches (il faut bien vivre quand on a un travail fictif) et tuer ses parents, sa femmes et ses enfants (sans oublier le chien), là il nous est impossible d’avoir la moindre empathie.

Ce livre ne fait que révéler une partie de la personnalité de ce criminel car au final il reste un être « terriblement » mystérieux et son mea culpa ne satisfait pas. Comment croire quelqu’un qui a menti toute sa vie ?