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Le sourire du diable – Nancy Guilbert

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Présentation : En 1959, Louise, 15 ans, reçoit les lettres d’un inconnu, Wolfgang Gershert, un jeune Allemand. Rapidement, elle réalise que Wolfgang en connaît beaucoup sur sa famille alors qu’elle-même sait peu de choses. Elle se décide à interroger sa mère, avec qui elle entretient des relations conflictuelles. Des années plus tard, Nina, la fille de Louise, voudrait connaître davantage sa grand-mère.


Mon avis : 3.5/5

Je suis fascinée par tout ce qui touche à la Seconde Guerre Mondiale, et j’ai été agréablement surprise et heureuse du recul qu’a su prendre l’autrice Nancy Guilbert dans ce livre. Elle ne voit pas tous les allemands comme des nazis diaboliques et tous les français comme des victimes exempt de tout défaut.

Dans « Le sourire du diable » nous avons une histoire en trois temps car sur trois générations de femmes fortes et fragiles à la fois.  J’ai trouvé ça très intéressant de nous montrer les ravages de la guerre, même lorsqu’elle est terminée, et ce depuis des décennies. Selon moi, les personnages de ce livre ne sont pas des exceptions mais plutôt la normale, d’ou cette tristesse mêlée de colère.

Ce livre me réconcilie avec le style jeunesse que je pensais loin derrière moi. Bien au contraire, il existe de très « belles » histoires dans cette catégorie, une lecture simplifiée mais non moins percutante et émouvante. J’ai par ailleurs beaucoup aimé le style épistolaire, ce roman étant composé en grande partie de correspondances et d’extraits de journaux intimes. La lecture n’en est que plus facile (parfait pour les jeunes) sans pour autant être trop simplifié.

En conclusion, « Le sourire du diable » a été une jolie surprise, une lecture facile et touchante que je vous recommande.

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Un clou dans le bec – Maxime Poisot & Emmanuelle Teyras

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Présentation : En 2017, #MeToo libérait la parole des femmes et révélait une liste infinie de clichés sexistes bien ancrés dans notre quotidien. Avec humour, Un clou dans le bec met en scène des femmes de tous milieux et de tous âges, confrontées à une remarque ou à un geste déplacé, le jour où elles décident de ne plus se taire. Cet album fait suite au succès d’un premier dessin : Mon petit Victor, posté sur les comptes d’Emmanuelle Teyras et dont la viralité sur les réseaux sociaux a permis d’atteindre 1,6 millions de personnes.


Mon avis : 3.5./5

Nombre de pages : 96
Éditeur : MARAbulles
Langue : Français
Prix : 10€

Les livres féministes ont la côte en ce moment et ce n’est pas pour me déplaire. Cette bande dessinée donne la parole aux femmes à travers des tranches de vie. Pour certains ces anecdotes passeront pour légères mais dans le fond elles révèlent un réel problème de sexisme dans notre société.

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Quelle femme n’a jamais été complimentée à son travail sur son physique plutôt que sur ses compétences ? Quelle femme n’a jamais dû baisser la tête face à des remarques vulgaires sur elle dans la rue ? Quelle femme n’a jamais reçu des messages obscènes (parfois avec photos…) venant d’un homme qu’elle ne connaît pas ou peu ? Bref, quelle femme ne s’est jamais dit « Si j’étais un homme on ne m’aurait pas traité de la sorte » ?!

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Entre rires et larmes, cette bande dessinée fait du bien. Merci Emmanuelle Teyras et Maxime Poisot !

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L’Amour Réaliste – Christophe Giraud

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Présentation : C’est l’histoire d’une désillusion. Celle des jeunes femmes qui au début de leur vie sentimentale connaissent leurs premières histoires d’amour et vivent leurs premières ruptures. À partir d’une enquête où des étudiantes ont été suivies durant plusieurs années, ce livre analyse la nouvelle éducation sentimentale des jeunes femmes. La rupture amoureuse est l’occasion d’un travail réflexif et d’une remise en cause des schémas amoureux romantiques sexués appris dès l’enfance. Elle autorise un rapport plus libre à la sexualité. Elle initie une nouvelle façon d’entrer en relation avec un partenaire, plus prudente, plus contractuelle. Ce livre dessine un portrait intime d’une jeunesse étudiante très éloignée des caricatures qui la décrivent comme instable et privilégiant une sexualité sans attache. Sans illusion mais non sans idéal, sans cynisme mais non sans humour, les jeunes femmes inventent de nouvelles façons de construire un amour plus authentique. C’est l’amour réaliste.


Mon avis : 3/5

Nombre de pages : 320
Éditeur : Armand Colin
Langue : Français
Prix : 22.90 €

J’avais hâte de lire ce livre reçu dans le cadre de « Masse Critique » chez Babelio. J’aime assez tout ce qui touche à la sociologie et encore plus lorsque je me sens la cible du sujet. Ici c’est clairement le cas, j’ai donc pensé que j’allais ressortir de cette lecture « éclairée ».

Je ne peux nier qu’il y a beaucoup de points intéressants dans ce livre mais il y a aussi un souci qui tend à gâcher la lecture : les répétitions. Les thèmes développés, bien que pertinents, sont redondants. Je ne pense pas qu’il soit nécessaire d’autant d’exemples pour expliquer une idée. Au contraire, le trop c’est comme le pas assez.

À ça, j’ajouterais que cette analyse très scientifique des relations amoureuses a fini par me refroidir. Sommes-nous à ce point prévisibles ? L’amour n’est-il pas censé être plein de doutes et c’est d’ailleurs ce qui en en fait un sujet universel ? Ici, nous avons presque réponse à tout…

Les idées avec lesquelles j’ai été d’accord

  • Lorsqu’on a vécu un échec amoureux on veut enchainer avec une histoire légère sans engagement.
  • Il y a trois types de contrats amoureux : La relation légère (sans penser au futur et presque uniquement basée sur le sexe) – La relation sérieuse (avec un futur conjugal) – La relation légère-sérieuse (« sortir ensemble » sans prise de tête sans que ce soit pour autant uniquement physique).
  • Dans une relation sérieuse on finit souvent par s’éloigner de ses amis. On devient une nouvelle personne plus en accord avec son compagnon et ce dernier finit par pendre la place du meilleur ami.

Alors, je suis d’accord avec cette idée pour l’avoir constaté de nombreuses fois dans mon entourage, cependant je trouve ce genre de réaction toujours très agaçant. À croire que les amis ne sont là que pour boucher le trou que remplira un jour un compagnon.

  • Dans une relation légère-sérieuse on veut garder un certain contrôle. On se voit mais pas trop et on garde son cercle amical.
  • Les différentes ruptures : break, silence radio, créer une dispute…

Les idées avec lesquelles je ne suis pas du tout d’accord

  • Internet mène a des relations peu sérieuses et si on veut qu’elles le soient il ne faut pas précipiter la rencontre physique.

Au contraire, je crois que plus on attend et plus on crée le fantasme. Rien de mieux pour faire capoter une possible relation que d’idéaliser quelqu’un. Et comment ne pas idéaliser une personne avec qui on ne fait que parler depuis des semaines voir des mois par écrans interposés ?

  • Si les relations sexuelles ont la place centrale dans une relation c’est que cette dernière n’est pas sérieuse.

Les débuts d’une relation ne sont ils pas naturellement très orientés vers le physique ? Je pense qu’il est tout a fait naturel de passer un temps fou au lit avec son partenaire au début. Non ?

  • Les signes de l’état amoureux : la jalousie et le manque du partenaire.

Je trouve cette définition très négative. J’ai une vision peut-être plus cérébrale de l’amour et j’aurais tendance à dire que ce qui me fait penser que je suis amoureuse c’est lorsque même les petits défauts que je lui trouvais au début n’en sont plus. Alors il y a aussi le manque, bien évidemment mais alors la jalousie, ça je peux pas ! Cela revient à dire que si on est pas jaloux on aime pas ? J’ai toujours eu horreur de cet argument. Je pense au contraire que c’est parce que je t’aime que j’ai confiance en toi.

En conclusion « L’Amour Réaliste » est un livre intéressant mais où les bonnes idées se noient dans un flot d’exemples. Les répétitions et les reprises de thèmes finissent par rendre assez lourdes, froides et terriblement prévisibles les relations amoureuses.

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« Ne croyez pas que ça n’a rien à voir » – Walter

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Présentation : Walter est un humoriste belge et néanmoins très distingué. Stéphane Bern lui offre sa première chronique dans Le Fou du Roi sur France Inter, il intègre alors l’équipe de Ce soir avec Arthur sur Comédie, puis celle de Michel Drucker dansVivement Dimanche sur France 2 et Europe 1, avant de rejoindre Frédéric Lopez et La matinale de Patrick Cohen sur France Inter, ainsi que La Nouvelle Edition sur Canal+. Bref, il  » bouffe à tous les rateliers « , mais toujours avec des couverts en argent. Actuellement en tournée dans toute la France, il connaît un grand succès et a reçu de nombreux prix lors de festivals d’humour, sans même avoir à soudoyer le jury. Cyniquement drôle, il nous propose ici le meilleur de ses chroniques radio et télé. Un régal !


Ma note : 3,5/5

Nombre de pages : 198
Éditeur : Plon
Langue : Français
Prix : 14€

Reçu dans le cadre de « Masse critique » chez Babelio, j’ai tout simplement dévoré ce livre. Walter c’est ce nouveau style de chroniqueur qui n’hésite pas à taper sur les personnalités même si elles sont assises en face de lui. Dans la lignée de Stephane Guillon, Gaspard Proust ou encore Guillaume Meurice, il s’attaque à tout : politiciens, chanteurs, acteurs… Personne n’est épargné !

Sa plume acérée est souvent à peine exagérée. Il faut dire que pas mal de personnalités connues du grands public (je ne citerai pas de nom) sont du pain béni.

Avec beaucoup d’ironie et de sarcasme Walter traite donc de sujets très variés tout en gardant un ton détaché. Une façon de faire qui lui permet d’aller très loin dans ses propos jusqu’à peut-être parfois choquer. Personnellement il m’en faut beaucoup pour m’offusquer. Bien au contraire, l’humour noir j’adore ça ! Pour vous donner une idée de ses chroniques, voici l’une d’elles :

Alors si comme moi vous avez un faible pour l’humour un brin irrévérencieux, si vous aimez les gens qui n’ont pas leur langue dans la poche et qui n’hésitent pas à dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas, n’hésitez pas et lisez ce best-of des meilleures chroniques de Walter !

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Enfer Fashion – Benedetta Blancato

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Présentation : Ancien booker dans une importante agence parisienne, Benedetta Blancato raconte avec finesse et férocité tout ce qu’elle a vu, tout ce qu’on lui a demandé de faire pour vendre ses filles : surmonter la concurrence acharnée de ses collègues, persuader des directeurs de castings hostiles, faire vaguement briller l’oeil d’un designer blasé. Pour l’emporter, il faut mettre en valeur la personnalité de la fille : une mannequin ne peut plus se contenter d’écouter de la musique au casque comme une loque dépressive. Mieux vaut lui conseiller de faire un peu salope, de gribouiller sur un carnet (une artiste !), de tourner inlassablement les pages d’un gros pavé (une intellectuelle !).


Mon avis : 3/5

Nombre de pages : 256
Éditeur : Calmann-Lévy
Langue : Français
Prix : 17 €

C’est dans le cadre de l’opération Masse Critique du site Babelio que j’ai pu recevoir ce livre de Benedetta Blancato qui retrace son expérience de booker pour une agence de mannequins parisienne.

J’ai moi même travaillé dans la mode mais dans un autre secteur : le styliste. Une expérience professionnelle qui m’a fait très vite déchanter et j’ai retrouvé dans ce livre ce même sentiment de voir nos idées sur un milieu s’écrouler. Lorsque Benedetta est arrivée dans le monde de la mode, elle pensait y trouver des gens créatifs, naturels et passionnés mais elle a réalisé que ce milieu comme tous les autres était dirigé par de hauts dirigeants pour qui la prochaine couleur tendance n’a aucune importance tant qu’elle ne rapporte rien. On découvre ainsi que tout est lié à une seule chose : l’argent ! Même lorsqu’une marque embauche des mannequins hors normes (trans-genres, handicapés…), alors que nous public pensons y voir un début d’ouverture, au final ce n’est qu’une façon de plus de faire parler de sa marque pour un minimum de frais. Rien n’est gratuit dans ce milieu, rien ne part jamais d’un bon sentiment. Tout est pourri !

Benedetta met beaucoup de points intéressants en avant que nous voyons tous les jours sans pour autant les analyser. Grâce à elle je vois les mannequins sous un nouvel oeil, tiraillée entre peine et mépris. Ils subissent une pression constante et son traités comme de véritables morceaux de viandes mais n’hésitent pas à jouer le jeu qu’on leur impose. Connectés via différents réseaux sociaux, le plus populaire étant Instagram, ils jouent la carte du « mannequin mais pas que ». Ils immortalisent ainsi les moments ou ils lisent (ou plutôt ont un livre à la main), s’éclatent avec leurs copines (toutes mannequins), mangent des burgers/frites (mais bien sûr) et se la jouent parfois philosophes.

Malheureusement, si les anecdotes de l’auteur sont intéressantes et nous en apprennent beaucoup sur le milieu du mannequinat, elles ont tendances à se perdre dans un flot d’informations. Par exemple, savoir que le milieu de la mode est aux mains de grands patrons : ok, mais voir étalé tout l’historique des grandes maisons sur plusieurs pages ça devient vite inconsistant. J’ai parfois piqué du nez…

Deuxième et dernier bémol, Benedetta a tendance à se répéter. Nous apporter une information c’est bien mais nous la servir à toutes les sauces ça fait vite « j’avais un quota de mots à écrire, du coup je vous en fais des tartines ». Ce livre nous montre les coulisses des agences de mannequins mais ce sont toujours les mêmes choses qui reviennent : les dirigeants qui se fichent de la mode, les mannequins qu’on traite comme de la viande et qui parfois dérapent, les bookers hystériques et totalement égocentriques mais surtout notre auteur complètement perdue dans cette véritable jungle sans foi ni loi !

En conclusion ce fut une lecture en demie-teinte. Des infos croustillantes mais qui se répètent trop et d’autres dont on se serait passé. Quoi qu’il en soit, si le milieu du mannequinat vous fait rêver, avec ce livre vous allez vite déchanter !