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Comment j’ai arrêté de manger les animaux – Hugo Clément

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Présentation : Le premier livre du journaliste Hugo Clément. Un manifeste et un guide pratique destiné à tous, aux végétariens qui veulent convaincre, mais aussi aux carnivores qui se posent des questions.


Mon avis : 5/5

Nombre de pages : 192
Éditeur : Editions Seuil
Langue : Français
Prix : 14.90€

Intéressée par la cause animale depuis maintenant quelques années, je suis devenue pesco végétarienne (je ne mange pas de viande mais je continue de manger du poisson). Je n’avais alors jamais lu de livre sur l’impact d’un monde carnivore. Bien sûr j’avais lu des articles, vu des reportages… Sans quoi je n’aurais jamais dit stop à la viande. Seulement ici on a un vrai travail de fond, aucun domaine n’est négligé. Le résultat est alors explosif !

Hugo Clément a fait un travail incroyable avec ce livre. Très instructif, s’appuyant sur des études scientifiques, il est cependant à la portée de tous. J’ai beaucoup apprécié son ton bienveillant. A aucun moment il est agressif vis à vis des consommateurs de viande. Ce livre n’a pas pour but de les incriminer mais plutôt de leur montrer tous les avantages à passer à une alimentation végétale. Aussi bien pour les animaux, sa santé ou la planète. 

Je me suis beaucoup reconnue dans le parcours d’Hugo Clément. Avant de devenir végétarien il a continué à consommer du poisson puis a réalisé que ça n’avait pas de sens. Cela fait bientôt deux ans que je ne mange plus de viande et je suis maintenant en pleine transition pour les poissons et autres produits de la mer. J’espère avoir tout arrêté d’ici cet été. Comme le dit Hugo Clément, il faut réfléchir à son alimentation pour ne pas être en carence de protéine, d’acide aminé, de fer… C’est le travail que je fais actuellement. Ce livre brise totalement cette vieille croyance selon laquelle l’homme a besoin de viande pour vivre.

J’ai adoré les « arguments » des carnivores que l’on retrouve dans ce livre. Combien de fois moi aussi je les ai entendu. « L’homme mange de la viande depuis toujours », « Je n’achète que de la viande produite dans le respect du bien-être animal »… Hugo Clément m’a fourni une argumentation sans fin pour les prochains qui me sortiront leur laïus. 

En conclusion cette lecture est un sacré booster. Je n’ai jamais été une folle de viande, par contre je ne disais pas non à la charcuterie. Cependant l’arrêt a été assez facile. Pour le poisson c’est différent, j’adore ça. Et pareil pour les crustacés. D’où ma consommation encore occasionnelle, mais c’est décidé, j’arrête !

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Audrey et Anne – Jolien Janzing

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Présentation : Automne 1957. Douze ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, Otto, le père d’Anne Frank, rend visite en Suisse à une étoile montante du cinéma, Audrey Hepburn. Il veut la persuader d’interpréter le rôle de sa fille dans un lm qui va lui être consacré. Printemps 1929. Deux filles voient le jour, Audrey à Bruxelles, Anne à Francfort. Toutes les deux marqueront l’histoire. Les deux adolescentes partagent bien des points communs. Toutes deux ont été contraintes de quitter très jeunes leur pays natal. Audrey, issue de la haute société européenne, est envoyée dans un pensionnat anglais. Juifs, Anne et sa famille fuient aux Pays-Bas. Les deux filles avaient une relation compliquée avec leur mère et trouvent refuge dans la danse pour l’une, dans l’écriture pour l’autre. La demande d’Otto réveille en Audrey de douloureux souvenirs. Ses parents, sa mère en particulier, ne frayaient-ils pas avec de hauts dignitaires nazis ?


Mon avis : 4/5

Nombre de pages : 360
Éditeur : Archipel
Langue : Français
Prix : 22€

Reçu dans le cadre de Babelio Masse Critique, je n’ai pu que me réjouir de ce livre. Fascinée par tout ce qui a gré à la seconde guerre mondiale « Audrey et Anne » me semblait intéressant et surprenant.

Saviez-vous que Audrey Hepburn et Anne Frank étaient nées la même année (1929) ? On suit ainsi leur parcours dans une Europe en proie au fascisme et plus tard à la guerre. On nous l’annonce dès le départ, des libertés ont été prises avec leurs vies, certains faits ne sont pas vrais mais ne m’ont pas pour autant dérangée. Le but étant, selon moi, de mieux raconter le rapport de nos deux héroïnes à la guerre et à toute son atrocité.

La vie de Audrey Hepburn a été la grande surprise de cette lecture. J’ignorais tout de sa vie et surtout de sa famille, à commencer par ses parents aux penchants radicaux. J’ai le sentiment de mieux comprendre l’actrice qu’elle était maintenant que j’en sais plus sur l’enfant qu’elle a été. Pour ce qui est de Anne, peu de surprise. Je m’étais déjà beaucoup intéressée à elle, j’ai d’ailleurs visité l’annexe à Amsterdam il y a deux ans. J’ai beaucoup apprécié le parti pris de l’auteur de s’attarder sur les « personnages secondaires ». Ainsi on évolue entre autre dans l’intimité de Otto et Edith Frank. D’ailleurs je me demande souvent comment Otto Frank, tout comme des millions de personnes, a pu se relever d’une telle expérience…

En conclusion « Audrey et Anne » fut une lecture très intéressant mais surtout bouleversante. Traverser cette période sombre de notre histoire à travers les yeux de deux enfants ne laissera aucun lecteur de marbre.

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Le cas zéro – Sarah Barukh

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Présentation : Tout commence par un cas. Incompréhensible et inquiétant. Une série de symptômes incohérents et d’une gravité extrême. Laurent Valensi, médecin à l’hôpital Saint-Louis, ne sait comment soigner son patient, un certain Ali Benyoussef. Déchiré entre sa famille qui veut le protéger d’une éventuelle contamination et un chef de service sans scrupule, il se lance dans une course contre la montre. En dépit de ses doutes, et face aux menaces qui pèsent chaque jour un peu plus sur lui, il va se battre pour sauver cet homme et faire éclater la vérité : si ce patient était le cas zéro de la terrible épidémie qui fait rage aux Etats-Unis et que l’on appelle « le cancer homosexuel » ? Un thriller angoissant où Sarah Barukh, l’auteur de Elle voulait juste marcher tout droit, nous tient en haleine de la première à la dernière page.


Mon avis : 4/5

Nombre de pages : 544
Éditeur : Editions Albin Michel
Langue : Français
Prix : 22.90€

Repéré depuis un moment, j’ai sauté sur l’occasion de le lire en le voyant dans la bibliothèque de mon quartier.

Ce thriller qui se passe dans le milieu médical ne nous laisse pas une minute de répit. J’ai beaucoup aimé le contexte de l’histoire. Le début des années 1980, le sida fait des ravages aux Etats-unis, surtout dans la communauté homosexuelle, et la France se vante de n’avoir aucun porteur du virus sur son territoire. Comme si notre beau pays était immunisé contre ce terrible fléau.

Du coté de la communauté scientifique c’est la panique. Comment les médecins de l’époque ont-il appréhendé tout ça ? Comment réagir face à une maladie mortelle dont on ne connait presque rien ?

Ce roman montre le pire comme le meilleur. Ceux qui ont mis leur vie et leur carrière en danger en s’opposant à ceux qui préféraient se ranger du coté des grands groupes pharmaceutiques et des politiques, dont le discours était qu’il n’y avait aucun souci à se faire en France.

En conclusion « Le cas zéro » est un très bon thriller mais pas que. Je vous le recommande chaudement, surtout si comme moi vous n’étiez pas nés à cette époque et qu’à fortiori vous n’avez rien connu de cette grande période de peur.

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L’Adversaire – Emmanuel Carrère

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Présentation : Le 9 janvier 1993, Jean-Claude Romand a tué sa femme, ses enfants, ses parents, puis tenté, mais en vain, de se tuer lui-même. L’enquête a révélé qu’il n’était pas médecin comme il le prétendait et, chose plus difficile encore à croire, qu’il n’était rien d’autre. Il mentait depuis 18 ans, et ce mensonge ne recouvrait rien. Près d’être découvert, il a préféré supprimer ceux dont il ne pouvait supporter le regard. Il a été condamné à la réclusion perpétuelle à perpétuité.


Mon avis : 3.5/5

Nombre de pages : 224
Éditeur : Editions Folio
Langue : Français
Prix : 6.60€

Ma passion pour les faits divers m’a conduit à lire ce roman. Ici Emmanuel Carrère décortique la personnalité de Jean-Claude Romand, ce père de famille en apparence parfait qui a menti à tout le monde et a vu comme seule solution tuer ses proches. 

Fils prodigue d’une famille de taiseux, c’est à partir de la fac qu’il a commencé à mentir sur son parcours scolaire. Affirmant avoir eu ses examens alors qu’il ne s’y était même pas rendu, il n’a eu de cesse par la suite de « faire semblant ». Faux médecin et chercheur à succès pour la prestigieuse Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Ses proches n’ont jamais remis en question son statut. Jean-Claude Romand était clairement un faussaire hors pair !

Emmanuel Carrère a entretenu une correspondance avec Jean-Claude Romand lors de son procès pour meurtres afin de mieux comprendre cette personnalité complexe. Une entreprise difficile tant les actes commis sont incompréhensibles. Comment peut-on préférer tuer les siens qu’avouer ses fautes, voir disparaitre (suicide ou fuite). Car au final on ne lui reproche pas tant d’avoir menti, je crois que sur ce point on peut arriver à comprendre. Par contre, ruiner ses proches (il faut bien vivre quand on a un travail fictif) et tuer ses parents, sa femmes et ses enfants (sans oublier le chien), là il nous est impossible d’avoir la moindre empathie.

Ce livre ne fait que révéler une partie de la personnalité de ce criminel car au final il reste un être « terriblement » mystérieux et son mea culpa ne satisfait pas. Comment croire quelqu’un qui a menti toute sa vie ?

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Dans la combi de Thomas Pesquet – Marion Montaigne

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Présentation : Le 2 juin dernier, le français Thomas Pesquet, 38 ans, astronaute, rentrait sur Terre après avoir passé 6 mois dans la station spatiale internationale. La réalisation d’un rêve d’enfant pour ce type hors-norme qui après avoir été sélectionné parmi 8413 candidats et suivit une formation intense pendant 7 ans, entre Cologne, Moscou, Houston et Baïkonour. Dans cette bande dessinée de reportage, Marion Montaigne raconte avec humour le parcours de ce héros depuis sa sélection, puis sa formation jusqu’à sa mission dans l’ISS et son retour sur Terre.


Mon avis : 5/5

Nombre de pages : 208
Éditeur : Editions Dargaud
Langue : Français
Prix : 22.50€

Alerte gros coup de coeur pour cette BD !!! Moi qui l’ai commencé sans grandes attentes, je peux dire que j’ai été surprise. N’étant pas particulièrement fascinée par l’espace, c’est surtout le fait de voir ce titre énormément apparaitre sur Instagram et primé au festival d’Angoulême qui m’a poussée à l’emprunter à la bibliothèque.

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Dès les premières pages j’ai adoré. Je suis complètement fan du style de Marion Montaigne. Elle a l’art et la manière de nous apprendre des tas de choses jusque dans le détail à propos des voyages dans l’espace. J’ai ri comme jamais avec une BD. J’ai découvert tout un univers et j’en suis ressortie avec les zygomatiques courbaturés et une profonde admiration pour tous les astronautes, à commencer par Thomas Pesquet qui ne manque pas d’auto dérision pour expliquer son expérience.

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Par exemple, qui aurait pu croire que faire ses besoins dans une navette spatiale demandait autant d’entrainement ou alors que l’apesanteur vieillissait notre corps. Quand à la formation pour devenir astronaute, je me doutais bien qu’elle était complexe mais alors jamais à ce point.

En conclusion, que vous aimiez la science ou non, cette BD ne vous décevra pas. Pour ma part je n’ai jamais eu la moyenne en physique mais quand on m’explique les choses de manière claire et drôle comme le fait Marion Montaigne, je retiens, j’adhère et j’en redemande !

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Demain est un autre jour – Lori Nelson Spielman

Présentation : Qu’avez-vous fait de vos rêves de jeunesse ? À la mort de sa mère, Brett Bohlinger pense qu’elle va hériter de l’empire de cosmétique familial. Mais, à sa grande surprise, elle ne reçoit qu’un vieux papier jauni et chiffonné : la liste des choses qu’elle voulait vivre, rédigée lorsqu’elle avait 14 ans. Pour toucher sa part d’héritage, elle aura un an pour réaliser tous les objectifs de cette life list… Mais la Brett d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec la jeune fille de l’époque, et ses rêves d’adultes sont bien différents. Enseigner ? Elle n’a aucune envie d’abandonner son salaire confortable pour batailler avec des enfants rebelles. Un bébé ? Cela fait longtemps qu’elle y a renoncé, et de toute façon Andrew, son petit ami avocat, n’en veut pas. Entamer une vraie relation avec un père trop distant ? Les circonstances ne s’y prêtent guère. Tomber amoureuse ? C’est déjà fait, grâce à Andrew, à moins que...


Mon avis : 4/5

Nombre de pages : 441
Éditeur : Editions Pocket
Langue : Français
Prix : 8€

Acheté pendant les vacances de Noël, j’avais entendu beaucoup de bien de ce roman et après l’avoir dévoré en trois jours j’en conclu moi aussi qu’il est bel et bien génial.

A la fois drôle, touchant et intelligent, j’ai adoré suivre Brett dans ses aventures. Cette « relation épistolaire » qu’elle entretiens avec sa mère décédée ma souvent émue. On sent clairement le lien fusionnel qu’elles avaient et par conséquent la déchirure causée par le deuil.

Les rebondissements sont vraiment intéressants et comme Brett on avance à tâton dans cette histoire et on ne voit pas toujours les choses venir. Pour notre plus grand plaisir !

Les personnages secondaires sont aussi très intéressants et surprenants. Mention spéciale pour Brad l’avocat.

En conclusion, si vous avez besoin d’un petit remontant (surtout en cette période hivernale), je vous conseille fortement cette lecture.

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Lola, petite, grosse et exhibitionniste – Louisa Méonis

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Présentation : Auteur de romans érotiques la nuit et, le jour, assistante d’une chef aussi tyrannique que botoxée pour une grosse boîte new-yorkaise : jusque-là, je ne m’en sortais pas trop mal – enfin, si on oublie le désert de ma vie sentimentale qui se résumait à de ponctuels tête-à-tête romantiques avec Jeannot-le-vibro. Mais il a fallu que mon P-DG décède (l’égoïste !) et que son fils débarque dans nos bureaux pour le remplacer. Joseph Hamlish n’est plus, vive Jérémy Hamlish ! Alias M. l’héritier-et-fier-de-l’être, alias M. JE SUIS UN DIEU VIVANT – ou « gare à vos culottes » pour les intimes. Et c’est là que tout s’est compliqué. Parce que moi, j’ai beau être une fille bien sous tous rapports, le jour où je me suis retrouvée dans un ascenseur avec l’incarnation de mes fantasmes, forcément, j’ai dépassé les bornes. Et le pire c’est qu’aujourd’hui, je n’ai qu’une envie : recommencer.


Mon avis : 1/5

Nombre de pages : 459
Éditeur : Editions Harlequin
Langue : Français
Prix : 8€

Je lis différents styles de livres tout comme je regarde différents styles de films ou de séries. J’aime alterner et ayant un penchant pour la chick-lit, mon choix s’est porté sur ce titre aux notes positives sur le site Livraddict.

Malheureusement, très vite dans ma lecture j’ai compris que ça n’allait pas être un coup de cœur. Bien au contraire ! Le récit n’est qu’un enchaînement de clichés dépourvus de tout intérêt. Selon moi ce roman a toutes ses chances dans le registre de la parodie.

On sent clairement l’influence mommy porn mais ayant détesté « Fifty shades of grey » il ne pouvait pas en être autrement avec les aventures de Lola. Alors pour vous la faire courte, voici les trois choses qui m’ont le plus exaspérée dans ce livre.

1. Lola, le cliché de la jeune femme naïve

Afin de rendre Lola attachante et attirante, l’autrice utilisent deux aspects de sa personnalité : sa sexualité et sa naïveté (pour ne pas dire sa bétise). J’ai horreur de ce genre de personnage censé représenter une certaine intelligence (n’oublions pas que Lola est très bien diplômé et sa carrière semble plus que prometteuse). Du coup, pourquoi une jeune femme intelligente aurait comme priorité lorsque ses parents se font kidnapper de choisir la tenue la plus saillante pour les secourir. Je ne suis pas bête, je sais très bien que ça se veut drôle mais j’aimerais qu’on arrête de faire passer les femmes pour des êtres stupides sous prétexte que ça fait rire et que ça les rend que plus attachantes. Conclusion, une femme intelligente et qui le prouve est beaucoup moins attirante… #féministe

2. Des scènes érotiques pathétiques

A chaque scène érotique (et il y en a pas mal) je me demandais qui pouvait trouver ça excitant ?! Anatomiquement parlant elles sont très explicites, mais la façon dont elles sont amenées, souvent comme un cheveux sur la soupe, me laissait dubitative… J’ai du mal avec les relations sexuelles qui ont lieu 3 minutes après la rencontre. Une relation, même purement physique, demande aussi un peu de temps histoire de faire monter le désir. Non ? Du coup ici, en tant que lecteur c’était émotion niveau 0.

3. Jeremy, l’alter ego de Chuck Norris

Jeremy alias J. a le charisme d’une huître. Son côté mâle alpha qui tombe fou amoureux de Lola sans raison évidente a plus sa place dans une téléfilm de l’après-midi des années 80 qu’en 2018.

Vois l’aurez compris, cette lecture n’a pas été un succès. Au mieux j’ai souri lors des scènes du chat obèse à roulettes…

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Les putes voilées n’iront jamais au paradis ! Chahdortt Djavann

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Présentation : Ce roman vrai, puissant à couper le souffle, fait alterner le destin parallèle de deux gamines extraordinairement belles, séparées à l’âge de douze ans, et les témoignages d’outre-tombe de prostituées assassinées, pendues, lapidées en Iran. Leurs voix authentiques, parfois crues et teintées d’humour noir, surprennent, choquent, bousculent préjugés et émotions, bouleversent. Ces femmes sont si vivantes qu’elles resteront à jamais dans notre mémoire. À travers ce voyage au bout de l’enfer des mollahs, on comprend le non-dit de la folie islamiste : la haine de la chair, du corps féminin et du plaisir. L’obsession mâle de la sexualité et la tartufferie de ceux qui célèbrent la mort en criant « Allah Akbar ! » pour mieux lui imputer leurs crimes. Ici, la frontière entre la réalité et la fiction est aussi fine qu’un cheveu de femme.


Mon avis : 4/5

Nombre de pages : 216
Éditeur : Le Livre de Poche
Langue : Français
Prix : 6.90€

Voila un livre qui ne laisse pas de marbre. Court mais intense, il expose sans concession le parcours qui a mené de nombreuses femmes iraniennes à se prostituer.

L’Iran, un pays où la pureté est reine, ou plutôt roi étant donné que c’est l’homme qui décide de tout. Et pour contrer cette domination masculine, l’autrice décide de donner la parole aux femmes, ces fameuses créatures impures. Ces prostitués qui ne méritent même pas de vivre selon les règles et la morale de leur pays. Ce même pays qui, sans grande surprise, est le théâtre d’une énorme hypocrisie. On découvre ainsi que les Mollah, ceux-là même qui représentent la morale et veille à son respect, sont les premiers à profiter du sexe tarifé (quand il ne violent pas directement). Un père qui met sa fille sur le trottoir afin de payer sa dose d’héroine, n’aura aucun scrupule à la traiter de « sale pute ». On a aussi le fameux « sigheh », un mariage provisoire qui peut durer seulement une heure si on le souhaite et qui, géré par des mollahs, leur rapporte de l’argent ainsi qu’à la femme « mariée ».

Les femmes de ce livre sont pour la plupart issues de familles pauvres et portent leur sexe féminin comme un fardeau. Mariées très jeunes, souvent avant 14 ans, enceintes dès leurs premières règles, sans aucune éducation, elles finissent par choisir le trottoir quand elles ne sont pas directement violées et kidnappées par des macs qui les envoient ensuite en maisons closes.

Ce livre est choquant et révoltant mais il doit être lu. Car ce qui est choquant et révoltant c’est que toutes ces histoires sont vraies. Ces femmes existent et leur condition ne semble pas prête de s’améliorer. On termine alors cette lecture en colère avec un sentiment de tristesse mais surtout d’impuissance.

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Call the midwife

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Présentation : East End, Londres, 1957. Sage-femme fraîchement diplômée, la jeune Jenny Lee s’apprête à entrer dans la vie active. Mais en lieu et place de l’hôpital où elle croit avoir été embauchée, c’est un couvent qui l’attend : Nonnatus House. Elle va y découvrir l’âpre réalité d’un quartier défavorisé, mais aussi faire la connaissance de femmes qui sont de véritables héroïnes.


Mon avis : 4/5

Au mois de décembre, alors que je regarde déjà énormément de séries, j’ai décidé d’en ajouter une énième à la liste. Mon choix s’est porté sur « Call the midwife ». Il faut dire qu’avec Netflix une série en appelle une autre. C’est un cercle vicieux dont on ne sort jamais…

Sur papier, « Call the midwife » avait tout pour me plaire. Située en Angleterre, cette série nous propose un retour en arrière de 60 ans afin de suivre la vie de sages-femmes dans un quartier pauvre. Dès le premier épisode j’ai été emballée, au point de me faire les 6 saisons en deux semaines.

J’ai adoré ce mélange de nostalgie et de bons sentiments sans jamais tomber dans de la guimauve. On n’hésite pas a contrecarrer les aspects nostalgiques avec des drames directement liés à l’époque. Ainsi, on en apprend plus sur les progrès médicaux pendant les années 50/60. On assiste à l’arrivée de la pilule contraceptive, les grands hôpitaux qui aspirent les petites structures médicales de quartier, les premiers rapports négatifs sur la cigarette, le thalidomide (un médicament prescrit entre autre aux femmes enceintes souffrant de nausées et qui a causé de graves malformations chez les bébés)…

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Les effets du Distaval/Thalidomide sur la petite Susan

Bien qu’installée dans un couvant, et mettant en avant de nombreuses religieuses, cette série n’en est pas pour autant religieuse. Au contraire, elle n’hésite pas à montrer que les croyants sont de moins en moins nombreux ou en tout cas de plus en plus pragmatiques.

Forcément, quand on repart 60 ans en arrière on atterri dans un monde bourré de clichés, de valeurs (maintenant désuètes) et de préjugés mais cette série n’hésite pas à briser les idées reçues. Une prostituée n’est pas impure, une mère de famille a le droit de s’émanciper, une fille mère n’est pas perdue…

En conclusion, cette série aura été la bonne découverte de la fin de l’année 2017. J’attends maintenant la saison 7 avec impatiente !


Et si vous voulez aller plus loin, vous pouvez lire le livre « Appelez la sage-femme » dont cette série est adaptée. Le récit autobiographique de jennifer Worth, la jeune sage-femme qui débarque au couvant Nonnatus.

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Le Premier Amour – Marcel Pagnol

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Présentation : A temps de la préhistoire, à la l’île du Printemps, deux jeunes gens se rencontrent et tombent amoureux l’un de l’autre, d’un amour exclusif. Ils proclament leur droit à la monogamie, contraire à la loi de la tribu et eu sont chassés…


Mon avis : 3.5/5

Nombre de pages : 190
Éditeur : Editions de Fallois
Langue : Français
Prix : 6€

Découvert par hasard chez un de mes bouquinistes préférés, je n’ai pas hésité une seconde à embarquer cette nouvelle lecture. En grande fan de Marcel Pagnol, je veux tout lire de ce qu’il a écrit.

Je l’ai commencé sans même avoir lu la préface ou regardé un résumé sur internet. Du coup ce fut une surprise totale de découvrir qu’il s’agissait d’une histoire se passant en pleine préhistoire.

Très vite j’ai trouvé une ressemblance avec un autre livre que j’avais beaucoup aimé « Comment j’ai mangé mon père » de Roy Lewis. En effet, dans ces deux romans nous avons un groupe d’Hommes préhistoriques au langage, lui, bien moderne et avec des questionnements qui font forcément penser aux nôtres. Surement une façon de nous dire que de tout temps l’Homme s’est posé la question des limites et n’a cessé de vouloir les repousser quitte à paraitre fou aux yeux des autres. Tout est une question d’habitude.

De leur temps vouloir « dompter » le feu était un véritable acte de folie, un défis lancé à mère nature et qui pouvait engager des représailles de sa part. Dorénavant le feu n’a plus rien de sacré pour nous. On allume une bougie avec une allumette comme on respire. Il n’y a pas très longtemps j’ai vu un documentaire sur Arte concernant les « bébés éprouvettes ». En 2017, dans certains pays, vous peut choisir le sexe de son futur enfant, opter pour une banque de sperme qui ne fait appel qu’à des hommes au Q.I élevé, décider de la couleur des yeux du bébé… J’ai trouvé ça tout à fait choquant puis j’ai pu voir que ce qui était devenu ordinaire à mes yeux, à savoir les inséminations artificielles pour les parents peu fertiles, était fortement critiqué il y a 30 ans. On disait alors que c’était un tour de passe passe avec la science qui aurait forcément des répercutions. Du coup je me dis que les générations futures trouveront peut-être, pour ne pas dire sûrement, normal qu’on puisse choisir le sexe, la couleur des yeux, des cheveux… de son futur enfant. Mais alors qu’en sera t’il de notre société dans 100, 200, 300 ans ?! Voila pour moi la question soulevée aussi bien par Marcel Pagnol que Roy Lewis. Où sont les limites ? Sont elles dans nos limites intellectuelles ou d’un ordre plus « spirituel » à savoir le bien et le mal.

Enfin, n’oublions pas que Marcel Pagnol nous propose ici une très jolie histoire d’amour. La première de tous les temps et comme tout ce qui est arrivé en premier elle a posé pas mal de problèmes. Une seule femme pour un homme ? Quelle décadence ! Et comment expliquer ce qui nous pousse à ne vouloir qu’une personne quand on est le premier de son espèce à ressentir ce besoin ?

En conclusion, un lecture agréable et surprenante de la part de Marcel Pagnol. J’étais beaucoup plus habituée à ses écrits populaires. Une jolie réflexion qui mériterait d’être plus connue.