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Les putes voilées n’iront jamais au paradis ! Chahdortt Djavann

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Présentation : Ce roman vrai, puissant à couper le souffle, fait alterner le destin parallèle de deux gamines extraordinairement belles, séparées à l’âge de douze ans, et les témoignages d’outre-tombe de prostituées assassinées, pendues, lapidées en Iran. Leurs voix authentiques, parfois crues et teintées d’humour noir, surprennent, choquent, bousculent préjugés et émotions, bouleversent. Ces femmes sont si vivantes qu’elles resteront à jamais dans notre mémoire. À travers ce voyage au bout de l’enfer des mollahs, on comprend le non-dit de la folie islamiste : la haine de la chair, du corps féminin et du plaisir. L’obsession mâle de la sexualité et la tartufferie de ceux qui célèbrent la mort en criant « Allah Akbar ! » pour mieux lui imputer leurs crimes. Ici, la frontière entre la réalité et la fiction est aussi fine qu’un cheveu de femme.


Mon avis : 4/5

Nombre de pages : 216
Éditeur : Le Livre de Poche
Langue : Français
Prix : 6.90€

Voila un livre qui ne laisse pas de marbre. Court mais intense, il expose sans concession le parcours qui a mené de nombreuses femmes iraniennes à se prostituer.

L’Iran, un pays où la pureté est reine, ou plutôt roi étant donné que c’est l’homme qui décide de tout. Et pour contrer cette domination masculine, l’autrice décide de donner la parole aux femmes, ces fameuses créatures impures. Ces prostitués qui ne méritent même pas de vivre selon les règles et la morale de leur pays. Ce même pays qui, sans grande surprise, est le théâtre d’une énorme hypocrisie. On découvre ainsi que les Mollah, ceux-là même qui représentent la morale et veille à son respect, sont les premiers à profiter du sexe tarifé (quand il ne violent pas directement). Un père qui met sa fille sur le trottoir afin de payer sa dose d’héroine, n’aura aucun scrupule à la traiter de « sale pute ». On a aussi le fameux « sigheh », un mariage provisoire qui peut durer seulement une heure si on le souhaite et qui, géré par des mollahs, leur rapporte de l’argent ainsi qu’à la femme « mariée ».

Les femmes de ce livre sont pour la plupart issues de familles pauvres et portent leur sexe féminin comme un fardeau. Mariées très jeunes, souvent avant 14 ans, enceintes dès leurs premières règles, sans aucune éducation, elles finissent par choisir le trottoir quand elles ne sont pas directement violées et kidnappées par des macs qui les envoient ensuite en maisons closes.

Ce livre est choquant et révoltant mais il doit être lu. Car ce qui est choquant et révoltant c’est que toutes ces histoires sont vraies. Ces femmes existent et leur condition ne semble pas prête de s’améliorer. On termine alors cette lecture en colère avec un sentiment de tristesse mais surtout d’impuissance.