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Le sourire du diable – Nancy Guilbert

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Présentation : En 1959, Louise, 15 ans, reçoit les lettres d’un inconnu, Wolfgang Gershert, un jeune Allemand. Rapidement, elle réalise que Wolfgang en connaît beaucoup sur sa famille alors qu’elle-même sait peu de choses. Elle se décide à interroger sa mère, avec qui elle entretient des relations conflictuelles. Des années plus tard, Nina, la fille de Louise, voudrait connaître davantage sa grand-mère.


Mon avis : 3.5/5

Je suis fascinée par tout ce qui touche à la Seconde Guerre Mondiale, et j’ai été agréablement surprise et heureuse du recul qu’a su prendre l’autrice Nancy Guilbert dans ce livre. Elle ne voit pas tous les allemands comme des nazis diaboliques et tous les français comme des victimes exempt de tout défaut.

Dans « Le sourire du diable » nous avons une histoire en trois temps car sur trois générations de femmes fortes et fragiles à la fois.  J’ai trouvé ça très intéressant de nous montrer les ravages de la guerre, même lorsqu’elle est terminée, et ce depuis des décennies. Selon moi, les personnages de ce livre ne sont pas des exceptions mais plutôt la normale, d’ou cette tristesse mêlée de colère.

Ce livre me réconcilie avec le style jeunesse que je pensais loin derrière moi. Bien au contraire, il existe de très « belles » histoires dans cette catégorie, une lecture simplifiée mais non moins percutante et émouvante. J’ai par ailleurs beaucoup aimé le style épistolaire, ce roman étant composé en grande partie de correspondances et d’extraits de journaux intimes. La lecture n’en est que plus facile (parfait pour les jeunes) sans pour autant être trop simplifié.

En conclusion, « Le sourire du diable » a été une jolie surprise, une lecture facile et touchante que je vous recommande.

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Audrey et Anne – Jolien Janzing

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Présentation : Automne 1957. Douze ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, Otto, le père d’Anne Frank, rend visite en Suisse à une étoile montante du cinéma, Audrey Hepburn. Il veut la persuader d’interpréter le rôle de sa fille dans un lm qui va lui être consacré. Printemps 1929. Deux filles voient le jour, Audrey à Bruxelles, Anne à Francfort. Toutes les deux marqueront l’histoire. Les deux adolescentes partagent bien des points communs. Toutes deux ont été contraintes de quitter très jeunes leur pays natal. Audrey, issue de la haute société européenne, est envoyée dans un pensionnat anglais. Juifs, Anne et sa famille fuient aux Pays-Bas. Les deux filles avaient une relation compliquée avec leur mère et trouvent refuge dans la danse pour l’une, dans l’écriture pour l’autre. La demande d’Otto réveille en Audrey de douloureux souvenirs. Ses parents, sa mère en particulier, ne frayaient-ils pas avec de hauts dignitaires nazis ?


Mon avis : 4/5

Nombre de pages : 360
Éditeur : Archipel
Langue : Français
Prix : 22€

Reçu dans le cadre de Babelio Masse Critique, je n’ai pu que me réjouir de ce livre. Fascinée par tout ce qui a gré à la seconde guerre mondiale « Audrey et Anne » me semblait intéressant et surprenant.

Saviez-vous que Audrey Hepburn et Anne Frank étaient nées la même année (1929) ? On suit ainsi leur parcours dans une Europe en proie au fascisme et plus tard à la guerre. On nous l’annonce dès le départ, des libertés ont été prises avec leurs vies, certains faits ne sont pas vrais mais ne m’ont pas pour autant dérangée. Le but étant, selon moi, de mieux raconter le rapport de nos deux héroïnes à la guerre et à toute son atrocité.

La vie de Audrey Hepburn a été la grande surprise de cette lecture. J’ignorais tout de sa vie et surtout de sa famille, à commencer par ses parents aux penchants radicaux. J’ai le sentiment de mieux comprendre l’actrice qu’elle était maintenant que j’en sais plus sur l’enfant qu’elle a été. Pour ce qui est de Anne, peu de surprise. Je m’étais déjà beaucoup intéressée à elle, j’ai d’ailleurs visité l’annexe à Amsterdam il y a deux ans. J’ai beaucoup apprécié le parti pris de l’auteur de s’attarder sur les « personnages secondaires ». Ainsi on évolue entre autre dans l’intimité de Otto et Edith Frank. D’ailleurs je me demande souvent comment Otto Frank, tout comme des millions de personnes, a pu se relever d’une telle expérience…

En conclusion « Audrey et Anne » fut une lecture très intéressant mais surtout bouleversante. Traverser cette période sombre de notre histoire à travers les yeux de deux enfants ne laissera aucun lecteur de marbre.

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Frères d’armes – Stephen E. Ambrose

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Résumé : A la veille du débarquement allié de 1944, une unité d’élite, la compagnie E de la 101e division aéroportée de l’armée de terre américaine – 140 hommes -, est parachutée dans l’arrière-pays normand. Au prix de combats meurtriers, elle va contribuer à bloquer la contre-offensive allemande. Puis, après une mission aéroportée en Hollande, la compagnie E se battra dans les Ardennes, avant de poursuivre sa marche héroïque jusqu’à Berchtesgaden, le nid d’aigle de Hitler…


Mon avis : 5/5

Nombre de pages : 540
Éditeur : Le Livre de Poche
Langue : Français
Prix : 7.60 €

En cette période de commémoration du débarquement (6 juin 1944), je me suis dit qu’il était temps de faire une chronique sur ce livre qui m’a tant marquée.

Il y a deux ans j’ai décidé de regarder la mini série « Band of Brothers » produite par Steven Spielberg et Tom Hanks. Sortie en 2001, on peut dire que j’ai pris mon temps. Véritable coup de coeur, ça m’a donné envie de lire le livre qui est à l’origine de ce show.

Stephen E. Ambrose, l’auteur, est allé à la rencontre de plusieurs vétérans de la Easy Company de la 101 division aéroportée afin de reconstituer leur parcours, depuis le débarquement en Normandie jusqu’à la fin de la guerre. On découvre ainsi bien plus que de simples faits historiques. Grâce à ce livre on voit les personnes derrière les soldats, des hommes souvent très jeunes qui n’avaient rien à voir avec le milieu militaire avant de s’engager.

On suit ainsi tout ce que ces soldats ont vécu. Les entrainements éprouvants au camps de Toccoa, le vol et le parachutage quasi suicidaires en Normandie, les tactiques militaires, le siège glacial de Bastogne, la découverte d’un camps de concentration, etc… Et puis il y a des choses plus personnelles, comme ce soldat qui garde son parachute, à l’époque fabriqué dans de la soie, afin de le donner à sa fiancée pour la confection de sa robe de mariée.

Ce livre et tout simplement formidable. Et ce qui m’a le plus touchée c’est cette relation si forte crée entres les soldats. Le titre : frère d’arme, n’a donc rien d’anodin.

J’ai aussi trouvé très intéressant de nous raconter le parcours de ces hommes après la guerre. Certains ne se sont jamais remis de ce qu’ils ont vécu au front, d’autres ont continuer à se battre ou à travailler dans l’armée, et beaucoup on repris leurs vies sans jamais oublier ce qu’ils avaient vécu et les gens formidables qu’ils avaient rencontré. Enfin, si je ne devais retenir qu’une seule phrase, ça serait celle-là : lorsque son petit-fils lui demande des années plus tard « Grand-père, as tu été un héros pendant la guerre? », le Sergent Mike Raney répond « Non mais j’ai servi dans une compagnie de héros ».

Alors si vous-voulez vivre un moment fort en émotion je ne peux que vous recommander ce roman, et pourquoi pas aussi l’associer à un visionnage de la série si ce n’est pas déjà fait.